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Jeudi 28 juin 2018 - Séminaire Gramsci - J. Robelin "L'hégémonie"

Séminaire Gramsci
Date: jeudi 28 juin 2018 18:30 - 20:30

Jeudi 28 juin 2018 - Séminaire Gramsci - J. Robelin "L'hégémonie"

 

Le jeudi 28 juin 2018 de 18h30 à 20h30, aura lieu la sixième séance du séminaire Gramsci. Jean ROBELIN (Professeur honoraire de philosophie, Université de NICE SOPHIA ANTIPOLIS) y présentera une conférence intitulée "L’HÉGÉMONIE". La séance aura lieu au Campus Saint-Jean d'Angely, en salle 1B12.

 

 

 

Séminaire Gramsci

 

Jean ROBELIN

 

L’HÉGÉMONIE

 

Présentation du conférencier :

 

Professeur honoraire de philosophie, Université de NICE SOPHIA ANTIPOLIS

 

 

 

Présentation de la conférence :

 

Ce n’est pas Gramsci qui a inventé la notion d’hégémonie. On la trouve vers 1908 dans les textes des bolcheviks, à commencer par Lénine. Elle répond alors à deux problèmes :

 

- comment éviter le solo funèbre de la classe ouvrière, donc comment nouer des alliances de classes et de groupes sociaux capables d’exercer ensuite la direction de la société. Problème essentiel : si la classe ouvrière est la seule classe révolutionnaire comme le dit le Manifeste, ne sera-t-elle pas toujours isolée dans les luttes révolutionnaires, donc condamnée à se faire massacrer ?

 

- comment le mouvement ouvrier peut-il prendre la direction de l’ensemble des luttes sociales, les orienter vers la révolution donc vers la construction d’une société nouvelle ? Cela aussi pose un problème douloureux dans l’histoire du marxisme : celui des « fronts secondaires » souvent négligés (parce que « secondaires »). Qu’on pense aux luttes des femmes. « Plus tard, Alexandra, plus tard » répond invariablement Lénine à Alexandra Kolontai à propos du féminisme, malgré les bouleversements initiaux de la révolution (droit à l’avortement, reconnaissance des enfants hors mariage à égalité avec les enfants « légitimes »). ​La réponse de Lénine, qui sera aussi celle de Gramsci, c’est que le mouvement ouvrier doit soutenir l’ensemble des revendications démocratiques de la totalité des mouvements sociaux, pourvu qu’elles soient effectivement démocratiques.

 

​Mais Gramsci va transformer la notion d’hégémonie. Les « pères fondateurs » avaient insisté sur le caractère répressif de l’État, machinerie d’oppression. Gramsci, dans le sillage de Machiavel, montre que la violence ne fonctionne qu’en s’appuyant sur un consensus, et en produisant du consensus. Ce n’est plus chez lui simplement un concept stratégique, mais un concept de structures. Une nouvelle hégémonie comme celle de la classe ouvrière implique une transformation de la structure de l’État, de sa machinerie, l’élaboration de modes nouveaux d’élaboration et de transmission de la culture, de nouvelles façons d’innerver la société, et de structurer ses mouvements dans et par l’État ouvrier (cf. la notion spécifique de société civile chez Gramsci). Or Gramsci théorise deux lieux de transformation essentiels : la démocratie directe conseilliste, dans le sillage des deux révolutions russes (1905 et 1917), et dans la suite du mouvement turinois des conseils d’usine ; et le parti comme prince moderne, élaborateur des alliances et promoteur de nouvelles pratiques culturelles.

 

A-t-il réussi à harmoniser les deux ?

 

 

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  • jeudi 28 juin 2018 18:30 - 20:30
 

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