Appels à contributions

Appel à contributions pour le numéro 33 de la revue Noesis à paraître au printemps 2020 –
Philosophie du droit coutumier

La revue Noesis, revue du Centre de Recherches en Histoire des Idées de l’Université de Nice, lance un appel à contributions pour un double volume intitulé Philosophie du droit coutumier, à paraître au printemps 2020. Cette publication fait suite au colloque « Enjeux philosophiques du droit coutumier », organisé en mai 2018 à l’Université de Nice Sophia Antipolis, avec le soutien de l’Université Côte d’Azur, la MSH-Sud Est et l’UFR LASH. Les articles sélectionnés après cet appel viendront compléter un ensemble d’articles sélectionnés parmi ceux présentés durant le colloque.

Argumentaire

Loin de considérer l’expression de « droit coutumier » comme une évidence, il s’agira de relever et, autant que possible, de résoudre les tensions que crée la juxtaposition de deux formes de régulation du social aussi proches que lointaines : le droit et la coutume. Pour ce faire, on s’interrogera notamment sur l’ambiguïté qui se cache derrière le qualificatif de « coutumier » : a-t-il pour fonction de désigner une manifestation parmi d’autres du juridique, ou bien désigne-t-il une forme à part du juridique, qui possèderait ses propres caractéristiques et qui ne serait pas totalement réductible au droit ?

La réponse à ces questions dépend très certainement d’une exploration aussi empirique que théorique du mode de fonctionnement spécifique au droit coutumier. Si ce droit est dit coutumier, c’est évidemment parce que la coutume y occupe une place privilégiée en tant que source du droit. Comprendre la différence spécifique du droit coutumier, c’est donc s’efforcer de comprendre comment la place de la coutume conditionne la nature même de ce droit.

Il faudra donc s’interroger sur la façon dont la place centrale accordée à la coutume détermine l’existence d’institutions spécifiques et de critères à part entière de l’établissement de ce que sont les droits des individus. Tout système de droit, dès l’instant qu’il comporte un élément coutumier, doit établir les principes spatio-temporels et logiques de la preuve de la coutume. La Common Law anglo-saxonne et ses principes spécifiques ne doivent cependant pas éclipser derrière eux toute tentative de saisir ce que peuvent être les principes et les spécificités du droit coutumier, et l’on restera particulièrement attentifs à la façon dont le droit coutumier prend sa place dans des contextes pluralistes, où plusieurs droits coutumiers peuvent se retrouver en concurrence. Dans ces conditions, l’interaction entre droit et coutume prend la forme d’un conflit normatif plutôt que celle d’un « droit coutumier » unifié.

Explorer les limites et le caractère fictionnel des procédures relatives à la coutume de la Common Law peut servir de point de départ pour redéployer les potentialités du droit coutumier, et en interroger les fondements. Notamment, il serait intéressant d’étudier les formes diverses que prend le droit coutumier à une époque où le modèle de la Common Law s’impose à différentes échelles et dans différents domaines, notamment dans le droit international, et où le droit coutumier se déploie dans des contextes de pluralisme juridique au sein de régions décolonisées. Les enjeux spécifiques rencontrés dans ces contextes ne peuvent que permettre d’interroger les limites et la plasticité du droit coutumier. Les changements d’échelles et de domaines touchent-ils à l’essence du droit coutumier, si tant est qu’il en ait une ? Révèlent-elles au contraire une certaine nature du droit coutumier, au-delà de ses incarnations spécifiques ? Il s’agira entre autres de saisir l’efficace spécifique du droit coutumier, et notamment de déterminer si le droit coutumier repose sur les mêmes formes de contraintes que le droit, et s’il dispose de modes d’institutions et d’application spécifiques. La question de la place de la sanction est dans ce cas essentielle.

Dans le prolongement de ces réflexions, il est nécessaire de noter que dans tout droit dit coutumier, la coutume est réduite à n’être qu’une source du droit, et en tant que telle se voit privée d’être une forme de normativité indépendante. N’est coutume que la coutume reconnue comme telle, selon les processus requis et au nom des institutions et des critères que le droit définit. Dans ce cas, la coutume n’est qu’une des sources possibles du droit, en concurrence avec d’autres, et cette dernière n’a d’existence juridique que secondaire.

C’est la raison pour laquelle John Austin a pu si facilement disqualifier l’autonomie de la coutume, argumentant avec Hobbes contre l’école historique que la nature même du droit empêche la coutume d’avoir un efficace propre en dehors de la reconnaissance directe ou indirecte, explicite ou tacite, du souverain. L’une des ambitions principales de ce colloque serait justement d’évaluer la justesse de l’affirmation austinienne, ce qui pourrait permettre de fournir une réponse à la question de la priorité du substantif ou du qualificatif dans l’expression « droit coutumier ». En sous-bassement se trouve la question même de l’autonomie de la coutume comme forme de régulation sociale.

Pour ce faire, nous pourrions être amenés à considérer ce qui disparaît et ce qui reste de la coutume dans le droit coutumier, afin de comprendre réellement la nature de ce dernier. Cela ne peut que nous conduire à nous interroger sur le thème spécifique de la codification de la coutume, acte fondateur du droit coutumier. Cette codification n’est jamais, de fait, un acte neutre, et il serait des plus pertinent de mettre en lumière, sous les angles les plus divers possibles, toutes les tensions qui entourent cette codification, cristallisant des équilibres de pouvoir ou des luttes socio-économiques. Un axe d’étude intéressant, déjà beaucoup évoqué en sciences sociales mais rarement en philosophie, serait celui des interactions entre le droit formel et coutume dans les pays décolonisés.

La codification du droit est d’ailleurs l’un de ces moments où savoirs et pouvoirs se rencontrent avec le plus d’intensité. L’école historique du droit a affirmé avec force la nécessité d’entourer l’étude du droit de celle des humanités, que l’on peut élargir aujourd’hui à l’ensemble des sciences humaines et sociales, de l’anthropologie à l’économie, en passant par la sociologie. On s’interrogera donc sur la place que ces disciplines peuvent occuper dans la codification et l’établissement de la coutume, sur la légitimité et sur les méthodes de leur approche.

Enfin, la question se pose évidemment de la place à donner à l’étude d’exemples spécifiques. Il est évident qu’ils devront être centraux dans l’étude de l’objet que constitue le droit coutumier, mais qu’aucune réflexion ne peut cependant se limiter à proposer des monographies de droits coutumiers différents.

La liste suivante de questions, non-exhaustive, permet de lancer les pistes auxquelles les contributions pourront s’efforcer de répondre :

L’expression de « droit coutumier » désigne-t-elle un mode de régulation sociale spécifique, entre le juridique et le coutumier ? La coutume est-elle une source à part du droit ? La coutume peut-elle être considérée comme un en-deçà ou un au-delà du droit ?

Y-a-il une « forme » spécifique du droit coutumier malgré la diversité de ses manifestations ? Y a-t-il un modèle du droit coutumier, comme pourrait l’être le droit international ?

Quelles transformations la coutume subit-elle quand elle intègre le « droit coutumier » ? Quels enjeux philosophiques la codification de la coutume dans le droit coutumier soulève-t-elle ? Quels sont les enjeux de l’existence du droit coutumier dans des cadres pluralistes/décolonisés ? Quels sont les rapports du droit coutumier avec des standards à la fois moraux et juridiques comme le sont les droits de l’homme par exemple ? Quelle est la place du droit coutumier au sein de la dynamique du changement social ?

Quelles interactions et quels enjeux de pouvoir y a-t-il entre les sciences humaines et sociales et le droit autour de la question de la coutume ? Quels liens le droit coutumier entretient-il avec les localités, leurs territoires, leurs histoires et leurs organisations sociales ? Comment les différentes disciplines des sciences humaines et sociales permettent-elle de rendre compte de ces dynamiques, et de leur conflit avec le formalisme du droit ?

Informations pratiques

Les articles complets pourront faire environ 35000 signes, en ne comptant que le corps du texte (titre, résumés, notes etc. ne rentrant pas dans ce compte). La revue n’évaluera pas de simples propositions. Les articles pourront être écrits en anglais, en français et en italien exclusivement. Pour plus de détails, veuillez consulter notre fiche de style.

Les articles devront être envoyés en triple aux adresses suivantes : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..fr, à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et ce pour le 1er juin 2019.

Pour favoriser la neutralité de la sélection, il est également demandé que le document, sous format Word ou OpenOffice (.doc) soit anonyme, et transmis dans une pièce jointe à un message électronique indiquant quant à lui le nom et les coordonnées de l’auteur-e. Une réponse sera donnée à partir du 1er août 2019.

Il sera alors éventuellement demandé aux auteur-e-s dont les articles auront été sélectionnés d’y apporter quelques modifications. La version finale des articles sera transmise à la revue le 15 septembre 2019, dernier délai.


English version

For more than 20 years, the peer-reviewed journal Noesis has been at the forefront of French contemporary philosophy. Affiliated to the Center for Research in the History of Ideas (CRHI) of the University of Nice Sophia Antipolis, Noesis publishes two special editions a year, collecting paper around a topic chosen by its scientific committee. The Philosophy of Customary Law will be the name of the Spring 2020 double issue. It follows the organization of a conference on the “Philosophy of Customary Law” in May 2018.

The call

Far from considering the phrase "customary law" as a self-evident truth, papers will aim at identifying and trying to solve the many tensions created by the juxtaposition of two separate but parallel forms of social regulation: law and custom. What matters then is to investigate the ambiguity behind the very idea of customary law. Does it point out one more sort of law, or does it designate an autonomous kind of law, with its own features and not reducible to the law?

Answering these questions requires without any doubts an enquiry about the peculiar dynamics of customary law, grounded on both empiricist and theoretical perspectives. To know whether it is a form among others of law or it is specific enough to be called a genus of law, it is crucial to define its principles. If this law is called customary it is because custom is key to it as a source of law. Understanding the specific features of customary law means therefore striving to understand what role custom plays to shape the very nature of customary law.

It will be necessary to investigate the way the main role assigned to customs determines the very existence of specific institutions and peculiar criteria of the bigger law frame that regulates the individual. Any legal system that includes custom as its element must establish spatial, temporal and logical frame of custom proofs. Nevertheless, Anglo-Saxon Common law and its peculiar principles mustn't overshadow any attempt to grasp the principles and the peculiarities of customary law; and we will be particularly sensitive to the way the customary law settles in pluralist contexts, where different customary laws can be concurrent. In these conditions the interaction between law and custom takes the shape of a normative conflict more than of a coherent customary law.

Exploring the limits and the fictions of customary procedures adopted by the Common Law could be the first step of both a new deployment of the customary law potential and an enquiry about its foundations. Indeed, it would be of extreme interest to study the different forms of customary law in eras where the Common Law model is spreading at different levels and domains, especially in international law, and where customary law is adopted in de-colonized regions where the law system is marked by a strong plurality of contexts.

Peculiar stakes of these contexts force to investigate both the limits and the flexibility of customary law. Do evolutions of scales and domains concern the essence of customary law, if this nature exists? Or are they only variations of a single nature beyond the peculiarities of each embodiment?  It will also be necessary - among other issues - to address the specific effectiveness of customary law, and to determine if it lays on the same constraint as the law; and if it is supported by peculiar institutions and applications. The question of the role of the sanction is in this respect essential.

In the wake of these reflections it is necessary to note that custom is reduced to the status of simple source of the law in every law called customary, and is therefore deprived of every autonomous form of normative power. It is not custom that is not acknowledged as custom according to the processes required and in the name of the institutions and criteria defined by law. In this case, custom is not anything more than one of the many possible sources of law, and concurring with them; it has not a primary juridical existence.

This is the reason why John Austin could so easily disqualify custom self-sufficiency, arguing - with Hobbes and against the historical school - that the very nature of law prevents custom to be effective on its own besides the implicit or explicit, direct or indirect acknowledgement by the sovereign. One of the main ambitions of this collective publication would be indeed to question Austin's position. This could in turn allow to address the issue of the substantial or accessory priority of the phrase "customary law". Beyond this lies the very issue of the autonomy of custom as a social regulation tool.

In order to do that, one could be tempted to consider what disappears of custom and what does not, in customary law, so as to really understand its very nature. This brings us to discuss the specific subject of the codification of custom, the cornerstone of customary law. This codification is never de facto a neutral act, and it will be more relevant to point out from every point of view all the implicit tensions of the codification, which standardize and stabilize power balances or social and economic struggles. One of the axes of the study, already well known in social science but overlooked by philosophy, would be that of interaction between formal law and custom in de-colonized countries.

Legal codification is one of these moments when powers and knowledge meet with most intensity. The “historical school” of law maintained the necessity of combining law studies with humanities, and we can now include social sciences such as economy, anthropology and sociology. We will therefore investigate which place these disciplines can or should have within the codification and definition of custom; we will also enquiry about their legitimacy, methods and approaches. 

The question arises of which place one should give to specific case studies in this volume. It is clear that they must be crucial while studying customary law as a theoretical object; but no discourse should be limited to a series of descriptions of different customary laws.

The following, non-exhaustive list of questions should allow to prefigure various leads:

Does "customary law" locution show a specific mode of social regulation between the juridical and the customary? Is custom a source of law? Or could be considered as an object beyond or before it? Does a specific form of customary law exist despite its different expressions? Does a model of customary law exist - such as the international law?

Which transformations does custom endure when integrated with the "customary law"? Which philosophical implications does codification of custom produce within customary law? Which are the stakes of the very existence of customary law in pluralist and decolonized contexts? What are the relationships between customary law on one side and moral or juridical standards such as human rights on the other? What is the place of customary law within social change dynamics?

Which interactions and which concerns exist about humanities, social sciences and law with respect to custom? Which are the links of customary law with localities, territories, their history and their social displaying? How different disciplines of social and human sciences allow to reflect upon these phenomena and their conflict with law's peculiar formality?

Submissions

The committee and the editors will make their selection from a set of complete papers only. Proposals will not be reviewed.

Papers may be as long as 35.000 characters / 7.500 words. This does not include: the main title, abstracts, footnotes, the author’s presentation etc. Only the main text counts in the total of words.

Papers may be written in French, English and Italian only. They should be sent to the following email addresses altogether, by June 1st, 2019.
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To ensure an unbiased selection, the document must be anonymous. It must be modifiable, therefore .doc files are preferable. Please include in your email a separate document that states your name, affiliation, topics of interests. We should provide an answer by August 1st, 2019. 

Then, selected papers might need some modifications. The final versions of the papers will be due by September 15, 2019. 

 

 


Italian version

La rivista Noesis, giornale del Centre de Recherches en Histoire des Idées dell’Université de Nice, lancia una call for contributions per un doppio volume intitolato “Filosofia del diritto consuetudinario”, previsto per la primavera 2020. Questa pubblicazione è il frutto del convegno internazionale “Les enjeux philosophiques du droit coutumier” organizzato a Maggio 2019 presso l’Université Nice Sophia Antipolis, con la collaborazione dell’Université Côte d’Azur, della MSH-Sud Est e dell’UFR LASH. Gli articoli selezionati con questa call completeranno gli articoli scelti tra i lavori presentati in sede di convegno.

Noesis è una pubblicazione soggetta a peer review che fa riferimento a un comitato scientifico. Gli ultimi numeri sono disponibili presso l’editore Vrin. I numeri precedenti gli ultimi due anni sono accessibili online sulla piattaforma revues.org.

Call

L’espressione «diritto consuetudinario» non indica affatto un oggetto evidente; la call for contributions prova a esplorare e, ove possibile, risolvere le tensioni create dalla giustapposizione di queste due forme di regolazione sociale tanto coesistenti quanto distanti : il diritto e la consuetudine. A tal fine ci si interrogherà in particolare sull’ambiguità che si nasconde dietro il qualificativo di “consuetudinario”. Esso designa una tra le tante manifestazioni del giuridico, oppure una forma a esso estranea, dotata di caratteristiche peculiari e irriducibile al diritto?

La risposta a queste domande dipende senza dubbio da un’esplorazione tanto teorica quanto empirica delle modalità di funzionamento specifiche del diritto consuetudinario. Se questo diritto è definito consuetudinario, è evidentemente perché la consuetudine occupa uno spazio privilegiato in qualità di fonte del diritto. Comprendere le qualità specifiche del diritto consuetudinario significa perciò sforzarsi di capire come questo spazio condiziona la natura stessa del diritto.

Bisognerà perciò interrogarsi sul modo in cui lo spazio dedicato alla consuetudine determina l’esistenza di istituzioni specifiche e di criteri autonomi inerenti ai diritti individuali. Ogni sistema di diritto, a partire dal momento in cui comporta un elemento consuetudinario, deve stabilire i princìpi spazio-temporali e logici della prova consuetudinaria. La Common Law anglosassone e i suoi princìpi specifici non devono tuttavia offuscare i tentativi di individuare e stabilire i princìpi e le peculiarità del diritto consuetudinario, ed è necessario prestare particolare attenzione al modo in cui la consuetudine si colloca nei contesti pluralisti, in cui diversi diritti consuetudinari possono trovarsi in un rapporto di concorrenza. In queste condizioni, l’interazione tra diritto e consuetudine prende la forma di un conflitto normativo più che di un diritto consuetudinario omogeneo.

Esplorare i limiti e il carattere fittizio delle procedure relative alla consuetudine della Common Law può servire da punto di partenza per ri-dispiegare le potenzialità del diritto consuetudinario e metterne in discussione i fondamenti. In particolare, sarebbe interessante studiare le diverse sembianze del diritto consuetudinario in un’epoca in cui il modello della Common Law si impone su diverse scale e in diversi ambiti, come il diritto internazionale; e in cui il diritto consuetudinario si attua in contesti di pluralismo giuridico nel quadro di regioni decolonizzate.

Le implicazioni e conseguenze specifiche relative a questi contesti non possono che portare a interrogarsi sui limiti e sulla flessibilità del diritto consuetudinario. Le variazioni di scala e di ambito intaccano l’essenza del diritto consuetudinario, ammesso che ve ne sia una? Oppure rivelano al contrario una sua natura al di là delle specifiche incarnazioni? Si tratta, inoltre, di indagare l’efficacia specifica del diritto consuetudinario e in particolare di determinare se il diritto consuetudinario riposa sulle stesse forme di coercizione del diritto, e se dispone di istituzioni e applicazioni specifiche. La questione della collocazione della sanzione è, a questo proposito, essenziale.

Proseguendo in queste riflessioni è necessario notare che in ogni diritto consuetudinario la consuetudine è ridotta a sorgente del diritto, e in quanto tale si vede privata di una forma di normatività autonoma. Vi è consuetudine solo quando riconosciuta in quanto tale, secondo i processi canonizzati e inquadrata in istituzioni e criteri definiti dal diritto. In questo caso, la consuetudine non è che una delle possibili fonti del diritto, in concorrenza con altre, e non gode di un’esistenza giuridica se non subordinata.

È il motivo per cui John Austin ha potuto negare così facilmente l’autonomia della consuetudine, sostenendo sulla scorta di Hobbes e contro la scuola storica che la natura stessa del diritto impedisce alla consuetudine di essere efficace al di fuori del suo riconoscimento diretto o indiretto, esplicito o tacito, da parte del sovrano. Una delle ambizioni principali del convegno è appunto di verificare la tesi di Austin, cosa che potrebbe permettere di affrontare la questione della priorità del sostantivo o aggettivo nell’espressione “diritto consuetudinario”. Sottotraccia giace la questione stessa dell’autonomia della consuetudine come forma di regolazione sociale.

Per queste ragioni potremmo essere portati a considerare ciò che scompare e ciò che resta della consuetudine nel diritto consuetudinario, così da comprendere realmente la natura di quest’ultimo. Questo non può che condurci a interrogarci sul tema specifico della codificazione della consuetudine, atto fondatore del diritto consuetudinario. Questa codificazione non è mai, di fatto, un atto neutro, e sarebbe opportuno evidenziare, dalle diverse prospettive possibili, tutte le tensioni che circondano questa codificazione, cristallizzando equilibri di potere o lotte socio-economiche. Un asse di studio interessante, già spesso evocato nelle scienze sociali ma raramente in filosofia, sarebbe quello delle interazioni tra diritto formale e consuetudine nei paesi decolonizzati.

La codificazione del diritto d’altra parte è uno dei momenti in cui saperi e poteri si incontrano con la maggiore intensità. La scuola storica del diritto ha affermato con forza la necessità di inglobare lo studio del diritto all’interno delle discipline umanistiche: l’affermazione può essere allargata oggi all’insieme delle scienze umane e sociali, dall’antropologia all’economia e alla sociologia. Ci interrogheremo perciò sulla possibile collocazione di queste discipline nella codificazione e nell’istituzionalizzazione della consuetudine, sulla legittimità e sui metodi dei loro approcci.

Infine si pone naturalmente la questione dello spazio da dare allo studio degli specifici casi. È evidente che essi dovranno essere centrali nello studio del diritto consuetudinario, ma anche che nessuna riflessione può limitarsi a proporre analisi di diritti consuetudinari differenti.

Il seguente elenco di domande, assolutamente non esaustivo, permette di tracciare alcune piste possibili che possono essere esplorate dai contributi:

L’espressione « diritto consuetudinario » designa una specifica modalità di regolazione sociale tra il giuridico e la consuetudine? I costumi sono una fonte autonoma del diritto? La consuetudine può essere considerata come un al di qua o al di là del diritto?

Esiste una «forma» specifica del diritto consuetudinario malgrado la molteplicità delle sue manifestazioni? Esiste un modello di diritto consuetudinario, come potrebbe essere il diritto internazionale?

Quali trasformazioni subisce la consuetudine quando integra il diritto consuetudinario? Quali implicazioni filosofiche solleva la codificazione della consuetudine nel diritto? Quali implicazioni presenta l’esistenza del diritto consuetudinario nei contesti pluralisti/decolonizzati? Quali sono i rapporti del diritto consuetudinario con gli standard sia morali sia giuridici come lo sono, per esempio, i diritti dell’uomo? Qual è il posto del diritto consuetudinario rispetto alla dinamica del cambiamento sociale?

Quali interazioni e quali implicazioni di potere esistono tra le scienze umane e sociali e il diritto relativamente alla questione della consuetudine? Quali legami intrattiene il diritto consuetudinario con le località, i territori, le loro storie e le loro organizzazioni sociali? Come le diverse discipline delle scienze umane e sociali permettono di rendere conto di queste dinamiche e del loro conflitto contro il formalismo del diritto?

Informazioni pratiche

Gli articoli completi non devono superare le 35.000 battute (per il corpo del testo; esclusi quindi titolo, abstract, note, ecc.). La rivista non valuterà abstract. Gli articoli possono essere scritti in inglese, francese, italiano. Per ulteriori dettagli, a questo link c’è il foglio di stile.

Gli articoli dovranno essere inviati ai tre diversi indirizzi email entro e non oltre il 01 giugno 2019:

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..fr, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Al fine di valorizzare la neutralità della selezione, chiediamo che il documento (in formato Word oppure openOffice) sia anonimo, e inviato tramite allegato di una mail che indichi nome, cognome e coordinate dell’autore. Una risposta della selezione sarà data entro il 01 agosto 2019.

Agli autori degli articoli selezionati sarà richiesto un piccolo lavoro di editing, in modo da consegnare la versione finale entro il 15 settembre 2019 per l’editing tecnico e l’impaginazione.

 

 

 

 




Appel à contributions pour le numéro 31 de la revue Noesis à paraître en 2018 –

Qu’est-ce que l’Histoire des idées ?

Argumentaire

L’Histoire des idées n’est guère institutionnellement reconnue en France, contrairement à ce qui se passe dans d’autres traditions académiques, italienne, germanique, et anglo-saxonnes notamment. Au XVIIIe siècle, Giambattista Vico dans sa Scienza nuova (1744) appelait de ses vœux une nouvelle science de l’histoire qui serait notamment une « histoire des idées humaines ». Au siècle suivant, Benedetto Croce en Italie, Wilhelm Dilthey, Max Weber ou Georg Simmel en Allemagne, pratiquaient l’histoire des idées via le dialogue entre l’histoire, la sociologue et la philosophie. Au XXe siècle, le philosophe américain Arthur Lovejoy installait la discipline dans le paysage académique à la fois par ses travaux et par la création en 1940 du Journal of the History of Ideas.

Que l’histoire des idées, n’ait pas, en tant que telle, de visibilité académique en France ne signifie pas pour autant qu’elle n’y est pas pratiquée. La question de l’histoire des idées est fortement présente dans le champ de l’histoire sous la forme de histoire culturelle, de l’histoire des mentalités ou des représentations, sans parler de toutes les disciplines qui la rencontrent inévitablement, comme l’histoire des sciences, de la philosophie, du droit, ou de l’art. Si bien qu’elle est à la fois nulle part et partout, sans unité ni périmètre défini. Est-elle une préoccupation diachronique partagée par différentes disciplines mais déclinée différemment selon les champs, ou une méta-discipline transcendant les partages disciplinaires ? Existe-t-il des propositions unifiantes satisfaisantes comme celles que propose en Allemagne l’Histoire des concepts de Reinhardt Koselleck (Begriffsgeschichte) ou celle de l’École de Cambridge autour des travaux de J. G. A. Pocock et Quentin Skinner qui étudient l’histoire des concepts dans le contexte des actes de langage et les considèrent dans leur force illocutoire ?

L’histoire des idées a fait l’objet de plusieurs types de critiques. On lui a reproché de postuler une histoire autonome des idées, alors que celles-ci n’existent qu’en fonction de l’histoire des contextes socio-historiques (Mannheim, Idéologie et utopie, 1927). On l’a accusé de détacher les idées de l’action : « ce à quoi je réagis, écrit Foucault dans L’Archéologie du savoir, est cette rupture qui existe entre l’histoire sociale et l’histoire des idées. Les historiens des sociétés sont censées décrire la manière dont les agents agissent sans penser, et les historiens des idées la manière dont les gens pensent sans agir ». A ces accusations d’idéalisme s’ajoute celle, très différente, d’historicisme. Si, ainsi que l’écrit Paul Veyne « l’histoire des idées commence vraiment quand on historicise l’idée de vérité » (Les grecs croyaient-ils à leurs mythes ?), ne conduit-elle pas au réductionnisme et au relativisme ?

Ce dossier de Noesis entend réfléchir sur la nature, les fonctions et la valeur de l’Histoire des idées selon plusieurs perspectives qui s’inscriront principalement dans les 4 axes suivants :

- Approche généalogique. D'un point de vue historique et conceptuel, il s'agira d'étudier l'apparition de l’Histoire des idées, les étapes de sa constitution, ainsi que ses inscriptions institutionnelles.

- Perspective comparatiste. Que recouvre les expressions d’History of Ideas, de Storia Intellectuale, de Geistgeschichte, etc.

- Études monographiques de théoriciens de l’Histoire des idées

- Analyses critiques des objets, des méthodes de l’histoire des idées et de sa place dans le champ du savoir.

Soumission des articles

Les articles, rédigés en français, doivent comprendre :

* Le titre de l’article

* L’article de 25000 signes (espaces compris) + ou – 20%

* Son résumé (700 signes, espaces compris, maximum)

* Le nom de l’auteur ou des auteurs

* une présentation succincte de l’auteur ou des auteurs (100 mots maximum) Elles seront envoyées au format pdf à Carole Talon-Hugon : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Les propositions feront l’objet d’une double lecture à l’aveugle par le comité de rédaction de la revue Noesis.

 

Date limite d’envoi des articles : 30 juin 2018

Les réponses seront communiquées le 15 juillet 2018

 



Appel à contributions pour le numéro 30 de la revue Noesis à paraître à l'automne 2017 – Europe

Argumentaire

La revue Noèsis consacrera son trentième numéro au thème de l’Europe. Ce choix résulte du constat de l’accumulation de ce qu’il est convenu d’appeler « les crises européennes ». Dites « grecque », « des dettes souveraines », « de la zone Euro », « ukrainienne », « des réfugié-e-s », « sécuritaire » ou encore « Brexit », leur violence et leur imbrication sont telles qu’elles paraissent relever d’une même crise plus profonde de l’Europe en tant que telle, et requérir, pour leur compréhension et leur surmontement, un examen global.

La forme de ce constat n’est certes pas nouvelle : en 1935 déjà, dans La crise de l’humanité européenne et la philosophie, Husserl thématisait « la crise de l’humanité européenne », faisant d’ailleurs aussi remarquer la récurrence « du thème (…) de la crise européenne »[1]. Mais précisément, la récurrence de cette récurrence ne prouve-t-elle pas l’ancienneté et la radicalité de la crise actuelle de l’Europe, l’ancienneté de son irrésolution aussi et donc la nécessité, pour la surmonter, de répéter, différemment, la tentative de la comprendre ?

Le titre de ce numéro – Europe – signifie la proposition, pour cela, de procéder avec la simplicité adéquate à la radicalité supposée de la crise, en demandant pour commencer ce qu’il faut comprendre sous le nom d’Europe. Il s’agit d’élaborer collectivement un concept correct d’Europe, dont nous savons au moins que, loin de la formulation proposée par Husserl comme « téléologie historique des buts infinis de la raison »[2], il intègre l’incompréhension européenne de la situation européenne, et qu’il requiert donc, pour son élaboration, les perspectives des extériorités de l’Europe et une autre méthode.

Pour organiser l’élaboration, six axes de réflexion sont proposés.

Le premier peut être dit de philosophie générale : il s’agira de poser la question « Qu’est-ce que l’Europe ? » comme une question philosophique, de la problématiser et d’y répondre.

Il faudra tenir compte pour cela de ce que l’Europe a régulièrement été conceptualisée philosophiquement. Suivant un deuxième axe de réflexion, relevant de l’histoire de la philosophie, il s’agira donc d’expliquer les concepts d’Europe de Leibniz, de Kant, de Hegel, de Marx, de Nietzsche, de Husserl, de Heidegger, d’Arendt, de Fanon, de Patočka, de Derrida, d’autres encore, et de procéder à la généalogie de la conceptualisation de l’Europe.

Le troisième axe de réflexion proposé peut être dit géophilosophique. De même que le constat de l’incompréhension européenne de la situation européenne, le simple rappel que l’Europe est dans le monde rend nécessaire de poser la question « Qu’est-ce que l’Europe ? » depuis son dehors aussi. Que seraient donc un concept africain d’Europe, un concept amérindien, arabe, chinois, indien ou papou d’Europe, et un concept d’Europe d’autres et d’ailleurs encore ? Il faudra tenir compte de ce que les modes d’extériorité de l’Europe sont eux-mêmes divers, et la penser aussi depuis les zones floues de ses délimitations géographiques ordinaires, depuis les extériorités violemment construites en dedans et depuis d’autres extériorités encore. Que seraient donc un concept balkanique d’Europe, un concept immigré, juif, musulman, noir, réfugié, russe, turc, tzigane d’Europe, et un concept d’Europe d’autres et d’ailleurs encore ?

Le quatrième axe de réflexion proposé est épistémologique. A quelles conditions logiques et méthodologiques un concept philosophique d’Europe est-il possible ? A quelles conditions un concept philosophique est-il possible, en général, d’objets géographiques et géopolitiques tels que les continents, les pays ou les peuples ? Que seraient les éléments d’une méthode géophilosophique, pourra-t-il également être demandé, éminemment avec Deleuze et Guattari ?

Le cinquième axe de réflexion proposé peut aussi être dit épistémologique, mais il ne relève plus tant de l’épistémologie de la philosophie que d’une épistémologie de l’interdisciplinarité, que la multidimensionnalité de l’Europe rend nécessaire : que seraient un concept juridique d’Europe, un concept anthropologique, économique, géographique, historique, psychanalytique ou sociologique d’Europe, et aussi, outre le droit et les sciences humaines et sociales, un concept artistique d’Europe, architectural, dansant, littéraire ou musical ? Comment s’articuleraient-ils ?

Il s’agira enfin, conformément à la dimension intrinsèquement politique à la fois de la philosophie et d’une réalité telle que l’Europe, d’assumer politiquement la prétention structurante de la philosophie, c’est-à-dire, quant à l’Europe, sa prétention constituante, et d’engager une réflexion de type programmatique. Le projet d’une République européenne, ou de Lois européennes, peut-il avoir un sens ? Faut-il une constitution de l’Europe ? Si oui, quelle doit-elle être ? La norme d’un concept correct d’Europe peut-elle être celle d’une institution correcte de l’Europe et de l’action la créant ? L’unité politique de l’Europe est-elle possible avec les hétérogénéités européennes ? Pourrait-elle, et comment, être agencée à d’autres unités géopolitiques ? Que serait la bonne politique européenne, en Europe et relativement au monde ? Quelles transformations produire, et comment, pour la réaliser ? Un peuple européen existe-t-il seulement ? Si non, peut-il, et comment, se créer ? Les intériorités convenues de l’Europe, par exemple les Etats-nations, n’ont-elles pas été construites comme des extériorités relatives et inconciliables ? Y aurait-il des concepts allemand, anglais, espagnol, français, hongrois ou polonais d’Europe, qui seraient contradictoires ? Il faudra intégrer ici l’indissociabilité de la géophilosophie et de ce qui pourrait alors être appelé « la sociophilosophie », et exprimer les altérités non géographiques de l’Europe. Que seraient donc un concept féminin d’Europe, un concept homosexuel, jeune, prolétaire d’Europe, et d’autres encore ?

Il est entendu que, si, reconnaissant l’autonomie relative de la réflexion politique, un axe lui est consacré, la réflexion politique est transversale, et que chaque contribution, dans chaque axe de réflexion, pourra comporter une ou plusieurs propositions politiques. Elles seront rassemblées et comparées en conclusion, et, si possible, confrontées dans un colloque projeté au moment de la publication.

Il est également entendu qu’une telle transversalité vaut pour tous les axes de réflexion : ils sont proposés sans prétention d’exhaustivité et suivant des distinctions et un ordre modifiables dans le cours de la réalisation du numéro.

Indications pratiques

Il est demandé que les propositions soient d’abord énoncées sous la forme d’un résumé de l’article prévu, en 3500 signes au maximum, dans un document en format Pdf, envoyé à l’adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. avant le 15 septembre 2016. Pour favoriser la neutralité de la sélection, il est également demandé que ce document soit anonyme, et transmis dans une pièce jointe à un message électronique indiquant quant à lui le nom et les coordonnées de l’auteur-e. Une réponse sera donnée avant le 30 septembre 2016.

Il sera ensuite demandé aux auteur-e-s dont les propositions auront été sélectionnées de transmettre leurs articles, en 35000 signes au maximum, avant le 31 janvier 2017. Dans le cas où des modifications paraîtraient nécessaires, un compte-rendu de lecture leur sera remis avant le 15 mars 2017.

Il sera enfin demandé aux auteur-e-s de donner les versions définitives de leurs articles avant le 15 mai 2017, la publication du numéro étant prévue en septembre 2017.

Les résumés et les articles pourront être écrits en anglais ou en français.

Toute demande d’information complémentaire peut être transmise à Salim Abdelmadjid, qui dirige l’édition du numéro, à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 


[1] Husserl, La crise de l’humanité européenne et la philosophie, trad. N. Depraz, Paris, Hatier, 1992, p. 50

[2] Id., p. 78

 

CRHI
Université Nice Sophia Antipolis
MSHS Sud-Est